Bureau d'études André

Protections solaires

Se protéger du soleil d’été

Un bon projet capte le soleil en hiver et s’en protège en été. Les protections solaires rendent possible cet équilibre : sans elles, de belles baies au sud deviennent un défaut dès les premières chaleurs. Elles évitent la surchauffe, réduisent le besoin de climatisation et améliorent le confort d’été, mesuré dans la RE2020 par l’indicateur DH (degrés-heures d’inconfort).

Dans le calcul réglementaire, la protection solaire compte autant que la taille des baies : le type de protection choisi et la façon dont elle est manœuvrée influencent directement le résultat.

Le principe : arrêter le soleil avant le vitrage

La chaleur du soleil traverse le verre et s’accumule à l’intérieur. Il est donc bien plus efficace de bloquer le rayonnement avant qu’il atteigne la vitre que de s’en défendre une fois entré. D’où trois règles simples :

  • Protéger à l’extérieur plutôt qu’à l’intérieur ;
  • Adapter la protection à l’orientation, car la hauteur du soleil n’est pas la même au sud, à l’est et à l’ouest ;
  • Pouvoir retirer la protection en hiver, pour garder les apports gratuits.

Protection extérieure ou intérieure ?

Une protection extérieure est beaucoup plus efficace qu’un store intérieur : le soleil est arrêté avant le vitrage, alors que le store intérieur laisse la chaleur entrer, puis la piège derrière la vitre. À titre indicatif, une protection extérieure peut bloquer de l’ordre de 70 à 90 % du rayonnement, contre 20 à 50 % pour un store intérieur. Ce dernier garde néanmoins un intérêt pour le confort visuel (éblouissement, intimité).

Les protections fixes

Elles sont permanentes : pas de manipulation, pas d’entretien. Elles sont idéales quand la hauteur du soleil est prévisible.

  • Débord de toiture, auvent, casquette : simples et économiques, ils protègent très bien les baies au sud, car le soleil d’été y est haut.
  • Brise-soleil horizontal (lames fixes) : même principe, avec des lames qui laissent passer l’air et la lumière diffuse.
  • Avancée ou loggia : un volume en retrait ou un balcon au-dessus d’une baie joue le rôle d’auvent.
  • Brise-soleil vertical, claustra, lames verticales : mieux adaptés à l’est et à l’ouest, où le soleil est bas et vient de côté.
  • Retours latéraux : quand la façade n’est pas plein sud, des joues ajoutées sur les côtés du débord arrêtent le soleil de biais.

Débord ou auvent : comment le dimensionner ? Pour une latitude proche de 45°, un repère simple est un débord d’environ 0,4 fois la hauteur de la baie, mesurée depuis le haut du vitrage (soit environ 90 cm pour une baie de 2,20 m). Ce repère varie avec la latitude et doit être vérifié par un calcul ou une simulation.

 L’atout du débord : en été, la baie est quasi totalement ombragée, en hiver, le soleil bas entre presque entièrement. Sa limite : le soleil a la même hauteur en mars et en septembre, alors que la maison a besoin de soleil au printemps et peut surchauffer à la fin de l’été. Un débord fixe ne s’adapte donc pas à la météo, d’où l’intérêt de le compléter par des protections mobiles.

Les protections mobiles

Elles s’ajustent selon la saison, l’heure et la météo. Elles sont indispensables à l’est et à l’ouest, où le soleil est bas et où un débord fixe est inefficace.

  • Volets roulants extérieurs : très efficaces, ils protègent aussi du froid la nuit en hiver. Fermés en journée l’été, ils laissent entrer un peu de lumière si l’on choisit des lames ajourées ou orientables. Motorisés ou pilotés, ils sont aussi la solution la mieux valorisée par la RE2020 (voir plus bas).
  • Volets battants et persiennes : solution traditionnelle, durable et esthétique. Les persiennes laissent passer l’air tout en cassant le soleil. Ils sont en revanche manœuvrés à la main, difficiles à automatiser et souvent moins bien pris en compte dans le calcul RE2020 (voir plus bas).
  • Brise-soleil orientables (BSO) : des lames mobiles qui s’inclinent selon la hauteur du soleil. Ils offrent le meilleur compromis entre protection, lumière et vue. Totalement relevés l’hiver, ils laissent entrer tout le soleil.
  • Stores intérieurs et rideaux : à utiliser en complément (confort visuel), pas en solution principale.

Volets roulants ou volets battants ?

Pour un projet neuf soumis à la RE2020, le volet roulant extérieur, de préférence motorisé ou piloté, est en général la meilleure solution de protection mobile. Les volets battants et les persiennes restent très répandus pour leur esthétique, mais ils sont souvent moins bien valorisés dans le calcul réglementaire et moins efficaces à l’usage.

Pourquoi le volet roulant est généralement meilleur

  • Il se manœuvre de l’intérieur, sans ouvrir la fenêtre. Il est donc utilisé plus souvent et au bon moment. Un volet battant oblige à ouvrir la fenêtre et à se pencher, et reste souvent ouvert par commodité.
  • Il peut être automatisé : capteur de soleil, de température ou de vent, programmation horaire. Il protège alors la maison même en l’absence des occupants. C’est très difficile à obtenir avec des battants.
  • Il se règle finement : position intermédiaire, lames orientables ou ajourées pour laisser passer un peu de lumière.
  • Il aide aussi l’hiver : fermé la nuit, il ajoute une couche d’air isolante devant la fenêtre et réduit les déperditions, à condition que le tablier soit bien étanche dans ses coulisses.
  • Il n’a pas d’encombrement à l’ouverture et ne claque pas au vent.

Ce que cela change dans le calcul RE2020

Le moteur de calcul de la RE2020 ne se contente pas de savoir qu’une fenêtre est protégée : il tient compte du type de protection mobile et de la façon dont elle est manœuvrée. Les protections pilotées ou automatisées, comme les volets roulants motorisés, sont les plus valorisées, notamment sur l’indicateur de confort d’été (DH). Les volets battants, manœuvrés à la main, sont souvent moins bien considérés. Cela peut dégrader le DH, et donc obliger à compenser par d’autres choix, parfois plus coûteux (vitrage à facteur solaire plus faible, moins de baies, protections supplémentaires). (Voir la [fiche technique Delta Dore sur la gestion automatique des occultants dans la RE2020].)

La gestion automatique par Delta Dore

Les limites du volet roulant

  • Le coffre est un point faible : s’il est mal isolé, il crée un pont thermique et des infiltrations d’air. Préférez un coffre isolé, intégré à la construction (sous linteau) plutôt qu’en saillie.
  • Il dépend d’une motorisation : pannes possibles, coût et entretien à prévoir.
  • Fermé, il bloque l’air : pour ventiler la nuit, il faut des lames ajourées ou laisser la fenêtre ouverte derrière un tablier relevé.
  • Il n’est pas toujours possible : certaines règles d’urbanisme (PLU, secteur protégé) imposent des volets battants pour préserver l’aspect des façades.

Si vous tenez aux volets battants

Les volets battants et persiennes gardent des atouts : esthétique, durabilité, ventilation tout en protégeant du soleil. Si vous les choisissez, faites simuler le projet par notre bureau d’études avant de valider, et prévoyez des compensations : vitrages à facteur solaire modéré, débords ou brise-soleil sur les baies exposées, inertie, ventilation nocturne.

Quelle protection pour quelle façade ?

La hauteur du soleil varie avec l’orientation :

  • Au sud, le soleil d’été est haut : une protection horizontale (débord, auvent, brise-soleil horizontal) est la plus efficace. Elle peut être complétée par des protections mobiles.
  • À l’est et à l’ouest, le soleil est bas et vient de côté : un débord ne sert quasiment à rien. Il faut une protection verticale ou mobile (volets roulants, BSO, lames verticales, stores).

La végétation : une protection vivante

Un arbre ou une plante grimpante à feuilles caduques donne de l’ombre en été et laisse passer le soleil en hiver, après la chute des feuilles.

  • Arbres à feuilles caduques: à planter à une distance raisonnable de la façade, côté sud ou ouest. Ils apportent aussi de la fraîcheur par évapotranspiration. C’est un arbre qui perd toutes ses feuilles à l’automne et les retrouve au printemps, ce qui donne de l’ombre en été et laisse passer le soleil en hiver.
  • Pergola ou treille végétalisée : une vigne ou une glycine sur une pergola ombrage une terrasse ou une baie en été et se dégarnit l’hiver.
  • Plantes grimpantes sur façade : elles réduisent l’échauffement des murs exposés.
  • Toiture végétalisée : elle limite la surchauffe de la toiture.

Précautions :

  • Les branches nues retiennent encore une part du soleil d’hiver : choisir des essences à ramure légère et les planter à distance de la façade.
  • Il existe un décalage de calendrier : les feuilles apparaissent en avril-mai et tombent en octobre-novembre, alors que les besoins de soleil et d’ombre ne suivent pas toujours cette courbe.
  • Des racines trop proches peuvent endommager les fondations : à vérifier selon l’essence et le sol.

Les cas particuliers

Les fenêtres de toit reçoivent le soleil de plein fouet en été et sont parmi les ouvertures les plus délicates à protéger. Les volets ou stores extérieurs sont indispensables.

La toiture reçoit le plus de rayonnement en été. Une couverture claire, une sous-toiture ventilée et une isolation à fort déphasage limitent la chaleur transmise vers l’intérieur (voir la rubrique « Agencement des zones d’habitat » pour le cas des combles aménagés).

Les murs exposés à l’ouest chauffent beaucoup en fin d’après-midi. Un enduit clair, une façade ventilée ou une végétation grimpante limitent l’échauffement.

Les vitrages à faible facteur solaire réduisent aussi les apports d’été, mais ils agissent toute l’année, y compris l’hiver. Ils complètent les protections solaires sans les remplacer (voir la rubrique « Orientation, ensoleillement et vitrage »).

Le bon geste au bon moment

Une protection mobile n’est efficace que si elle est utilisée à bon escient :

  • Matin : fermer les protections côté est.
  • Après-midi : fermer les protections côté ouest et côté sud.
  • Journée chaude : garder volets et fenêtres fermés tant que l’air extérieur est plus chaud que l’intérieur.
  • Soir et nuit : ouvrir pour rafraîchir.
  • Hiver : tout relever en journée pour profiter du soleil, fermer la nuit pour limiter les pertes.

Automatiser (volets roulants motorisés avec capteurs de soleil, de température ou de vent) garantit un bon usage même en l’absence des occupants. C’est aussi ce que la RE2020 valorise le plus, mais cela ajoute un coût et un entretien.

À retenir

  • Arrêter le soleil avant la vitre : une protection extérieure est bien plus efficace qu’une protection intérieure.
  • Au sud, une protection horizontale (débord, auvent) suffit souvent ; à l’est et à l’ouest, il faut des protections verticales ou mobiles.
  • Un débord fixe protège bien en été mais ne s’adapte pas à la météo : on le complète avec des protections mobiles.
  • Le volet roulant extérieur, idéalement piloté, est généralement plus efficace et mieux valorisé dans la RE2020 que le volet battant.
  • La végétation caduque est une protection économique, à choisir avec soin.
  • Une protection mobile n’est efficace que si on la manœuvre au bon moment, ou si elle est automatisée.

Check-list avant de valider un projet

  1. Chaque baie exposée au soleil d’été dispose-t-elle d’une protection extérieure ?
  2. Les baies au sud ont-elles un débord ou un brise-soleil adapté à leur hauteur ?
  3. Les baies à l’est et à l’ouest ont-elles une protection verticale ou mobile ?
  4. Les fenêtres de toit sont-elles équipées de volets ou stores extérieurs ?
  5. Les protections laissent-elles entrer le soleil d’hiver (relevées ou bien dimensionnées) ?
  6. Le type de volet retenu (roulant ou battant) a-t-il été testé dans la simulation RE2020 ?
  7. Les coffres de volets roulants sont-ils isolés et intégrés ?
  8. Les protections mobiles sont-elles faciles à manœuvrer ou automatisées ?
  9. Les essences végétales choisies sont-elles à feuilles caduques ?

La certification RGE

Certificat RGE - Reconnu garant de l'environnement

Nous avons obtenu le certificat Reconnu garant de l’environnement (RGE), pour montrer notre qualification professionnelle reconnue en matière de rénovation énergétique, et qui nous distingue par notre valeur environnementale.

Réglementation thermique

L’attestation de prise en compte de la RE2020 est un document qui devra accompagner votre demande de permis de construire. Nous valorisons notre expertise en ingénierie des fluides pour mener à bien les études RE2020. Pour chaque projet, nous dimensionnons et recommandons les matériaux les plus appropriés. Nos rapports d’étude présentent de manière claire et précise l’ensemble de nos recommandations.

Études thermiques RT2012 et RE2020

Ingénierie des fluides

Dans le cadre de notre activité d’ingénierie des fluides nous réalisons des missions de maitrise d’œuvre ainsi que des études d’exécution dans les domaines suivants :

  • chauffage – climatisation ;
  • ventilation ;
  • plomberie sanitaire ;
  • courants forts et courants faibles.

Nous intervenons principalement sur des projets de logements collectifs, bureaux ou bâtiments tertiaire.

Fluides et énergie

Guide d’application de la RE2020

Guide RE2020

Vous pouvez télécharger notre guide sur les bonnes pratiques RE2020 pour concevoir votre projet en accord avec la réglementation environnementale.